Histoire de Brion
Découvrez l’histoire de Brion, bourg de 1200 habitants, bâti sur une colline boisée au nord des vallées de la Loire et de l’Authion.
Etymologie du nom
Brion tire son nom de cette position culminante, puisqu’il est dérivé du celte bron signifiant « la colline », le « tertre ».
Histoire
L’existence du village de Brion est attestée depuis l’époque mérovingienne, alors que la création de la paroisse remonte vraisemblablement au IXᵉ siècle. C’est à cette époque, après le passage des Romains et des Francs, que Brion devient une « Chatellenie » et prospère au fil du temps, surtout après la construction d’une première digue sur la Loire au XIIᵉ siècle.
Occupée de longues années par les Anglais pendant la guerre de Cent Ans, Brion devient pendant une quarantaine d’années propriété de Jeanne de Laval, épouse avisée de René d’Anjou (XVᵉ siècle). Puis Brion et l’Anjou, désormais rattachés au Royaume de France, connaissent les années noires des guerres de religion, de la misère et de la peste.
Pendant les inondations de 1856 et 1707, le bourg servit de refuge aux populations inondées. Le village tirait également parti de cette position en hauteur, puisqu’il comptait autrefois quatre moulins à vent sur la butte.
Au XIXe siècle, Brion, rattachée alors au Canton de Beaufort, échappe à deux reprises à l’invasion des prussiens. La vie de la commune s’organise : restauration de l’église, construction d’une mairie, d’une école de garçons, d’une route reliant Brion à Beaufort et d’une gare. Pendant plusieurs années, l’industrie locale exploite des carrières de tuffeau et de nombreux manoirs de la commune sont construits avec. Par la suite, dans une des grandes caves abonnées est créée en 1871 une champignonnière. En 1878, une invasion de phylloxera* détruit les vignes de Brion et l’agriculture se développe alors sur tout le territoire.
La Première Guerre mondiale fera 64 victimes à Brion soit 7% de la population totale. La Seconde Guerre mondiale sera moins meurtrière, même si les troupes allemandes envahissent Brion pendant 10 mois.
Les années qui suivent voient Brion touchée par l’exode rural, perdant ainsi de nombreux emplois, commerces et habitants. Aujourd’hui, le phénomène s’inverse et entre les derniers recensements, on note une augmentation de la population.
* puceron ravageur des vignes
Anecdote
Comme dans de nombreuses communes d’Anjou, la boule de fort est une tradition du village et deux expressions lui sont particulièrement rattachées.
La première « monter la butte » fait référence à la position élevée du village de Brion et la seconde en langage populaire « aller à Brion » est utilisée quand on perd à la boule.
Ces deux expressions signifient « faire Fanny », c’est-à-dire perdre une partie sans marquer un seul point. La coutume veut alors qu’on embrasse le postérieur de Fanny en contrepartie. M. Freppel, évêque d’Angers de 1873 à 1893, aurait imposé pour plus de convenance, la nouvelle expression : « aller à Brion ».
En 1918, un poème à la gloire de Fanny a été apposé à la société de l’Union de Brion par André Lambert :
« O Nudité superbe, Adorable Déesse,
Permets que devant toi, je me mette à genoux,
Que je pose humblement un baiser sur la fesse,
Pour que vers mon foyer, je m’en retourne absous
Baise ! Mais conviens que c’est là bien douce pénitence !
Pour qui, jusqu’à Brion, vient se faire pardonner.
L’usage veut que, copieuses en cette circonstance,
Tu offres libations, … avant d’te débiner !! »
Source
Dictionnaire Historique : Géographique et Biographique de Maine-et-Loire, Tome I et II, 1874 et 1876, Célestin Port
Les secrets des noms de communes et lieux-dits du Maine-et-Loire, 2004-2005, Pierre-Louis Augereau

